Le chantier de la gare de Vitry tombe sur un os

Le chantier de la gare de Vitry tombe sur un os

A genoux et muni d’un aspirateur, il purge minutieusement les particules de terre autour d’ossements en parfait état, découverts deux jours auparavant. « Je cherche à dégager proprement le squelette pour retrouver sa position afin de voir si il était dans un coffrage en bois ou un linceul » explique Jean-Philippe, archéologue àl’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives). « Je ramasse aussi le matériel ou les objets qui peuvent être associés au corps », ajoute-t-il.

Comme Jean-Philippe, ils sont une dizaine à être déployés depuis le mois d’août sur le futur emplacement de la gare de Vitry-sur-Seine sur la ligne 15, sous le parc du Coteau. Les travaux du Grand Paris Express en ces lieux ont en effet été suspendus sur prescription de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) d’Ile-de-France pour permettre une fouille archéologique sur cette parcelle de 4.400 m2 qui regorge de squelettes de tout âge et de vestiges datés de l’Antiquité à la période contemporaine.

« Une centaine de squelettes pour 500 ans d’histoire » « Nous arrivons sur les dernières couches de terre. En tout, nous avons découvert une centaine de squelettes pour plus de 500 ans d’histoire », se félicite Paulette Dubovac, archéologue et anthropologue, spécialiste du funéraire au sein de l’Inrap. Car cette fouille porte sur un ensemble funéraire « rarement observé en Ile de France », note l’Institut. Soit des sépultures en coffre de pierre, en coffre de tuiles antiques, en bois ou encore en sarcophage de plâtre, enfouis sous 1 mètre 20 de terre et disposés autour d’un mausolée. Selon l’Inrap, cette diversité témoigne de l’évolution des pratiques funéraires entre les 4e et 8e siècles. Soit de la basse Antiquité au haut Moyen-âge. Mais pas seulement.

Sur ce terrain de la commune de Vitry s’élevait une maison bourgeoise du 17e siècle : la « maison des Lierres ». Les archéologues s’attachent à reconnaître ses aménagements paysagés et hydrauliques. Y figure notamment un système de distribution d’eau, composé de puits et robinet. Et sous la cour de la maison, les archéologues sont à l’affût des caves afin de comprendre l’occupation du Moyen Âge tardif.

« Ce savoir sera restitué aux habitants d’aujourd’hui » Les squelettes partent au fur et à mesure vers des laboratoires d’analyses pour en savoir davantage sur eux. D’ici deux ans, les résultats scientifiques de cette fouille ainsi seront connus et compléteront les connaissances sur le territoire francilien. « En associant l’État et les collectivités territoriales, ce savoir sera restitué aux habitants d’aujourd’hui », assure l’Inrap. Dans quelques semaines, les travaux du Grand Paris Express reprendront leurs droits sur le terrain, mais Sébastien Poignant, archéologue et responsable de l’opération, prédit d’autres fouilles en perspective en Ile-de-France.

Avec ses projets et ces futurs chantiers, le Grand Paris est effectivement vu par l’Inrap comme une belle opportunité pour des fouilles archéologiques. « Via des constructions d’appartements sur des friches et le développement du réseau de transport, nous allons sans doute faire de nouvelles découvertes intéressantes », se réjouit Sébastien Poignant.

Related

NOUVELLES 7792338197196319021

Enregistrer un commentaire

A LIRE

Recent

Comments

item